Eddy Pierre: universo desordenado

Entre différentes techniques, Joseph Eddy Pierre a créé un monde où 1+1= 0. Des travaux créés sciemment sans titres, sans dimensions prédéfinies. C’est un univers où le désordre organisé est l’ordre recherché. Les formes, les mouvements, les couleurs décrivent alors une idée ressentie. Par des travaux mixtes, l’artiste fait une belle œuvre qui s’inscrit dans une idée qui s’accorde esthétiquement avec les matériaux à sa portée.

Né en Haïti le 20 avril 1972, à Saint­Marc, Joseph Eddy Pierre a fait ses études classiques à Saint­Louis de Gonzague. À 14 ans, le jeune adolescent développe beaucoup d’amour pour l’art. Il commence donc à peindre et à manipuler les couleurs avec passion. Dans le souci de parfaire son talent, en 1990, Eddy s’inscrit à l’École nationale des arts (ENARTS) de Port­au­Prince. Dans cette école, il va côtoyer ses premiers maîtres. Il passera quatre années d’études d’arts plastiques. Là, il prendra son élan et poussera des ailes pour explorer son imaginaire.

Bientôt, on le retrouve au Student League for the Arts (Ligue des étudiants 1 2 3 16/8/2016 Le monde d’Eddy Pierre http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/161719/Le­monde­dEddy­Pierre 3/9 pour les Arts de Manhattan). Aux États­Unis, le jeune artiste explore différents médiums artistiques. En se frottant avec cette nouvelle culture, de nouveaux courants picturaux, il renforce ses techniques et raffermit son âme d’artiste. Sur le sol américain, il prend goût à cultiver un art multidisciplinaire. Cette multidisciplinarité deviendra pour lui un style de vie, lui donnera constamment une envie de créer du neuf. Rien n’est figé pour l’artiste en perpétuel mouvement.

«Personnellement, dit­il, je n’ai pas une seule formule de travail, une seule touche qui m’identifie. Je suis un artiste multidisciplinaire ; je travail à la fois la peinture, la sculpture, la céramique et aussi la sérigraphie. Pour moi, créer c’est être unique à chaque instant, car j’expérimente chaque médium afin que les regardeurs soient en constante réflexion devant mes travaux.»

Cet artiste ne s’attache pas à un médium, il lie l’idée qui le traverse à un médium qui le choisit selon l’humeur, l’instant et l’inspiration. L’idée qui le saisit peut vouloir se matérialiser dans une sculpture, ou une peinture. Il a le choix.

« J’utilise une technique simplement par rapport à une idée qui me vient en tête, si pour telle idée c’est l’installation qui l’explique le mieux, je l’exploite à la place d’une œuvre picturale. Au moment où je présente une exposition, je veux toujours partir au rythme de ce que je ressens », souligne l’artiste.

Selon le journaliste Erl Jean­Pierre, « la peinture d’Eddy nous raconte ce voyage sans itinéraire qui saisit chaque fois le mouvement. Sa peinture nous happe et nous entraîne tout de suite, et c’est chaque fois une invitation».

Joseph Eddy Pierre est un artiste qui se laisse guider, au gré de son imagination, et se transporter dans une constante communication avec son œuvre. Quand on regarde son travail, on décèle les influences de grands maîtres : Kandinsky, Pollock, Picasso ou des peintres haïtiens comme Basquiat. Son travail, comme il se plaît à le dire, n’est pas statique, elle évolue. Aussi l’artiste s’adapte­t­il à tous les styles qui donnent du caractère à Réagir à cet article Les commentaires sont modérés Chaque contribution postée est soumise à modération. Vous pouvez alerter l’équipe du Nouvelliste, d’une contribution qui vous semble ne pas respecter notre charte en cliquant sur le bouton << Voter contre >>, présent sous chaque commentaire. Notre équipe sera automatiquement prévenue et fera le nécessaire. La charte de moderation (http://lenouvelliste.com/charte) son œuvre. Parfois, ses travaux vous plongent dans une ambiance abstraite ; d’autres fois, la couleur est criarde. Son œuvre vous regarde droit dans les yeux dans une ambiance de clair­obscur et de forme.

Publicado en Le Nouvelliste
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