Inauguran los jardines de MUPANAH, primera fase del «Museo Panteón Nacional de Haití»

1.019

Les jardins du MUPANAH, une aire de respiration urbaine

« Ce 18 juin 2015, je suis heureuse et fière de pouvoir inviter le président de la République à inaugurer les jardins du MUPANAH, la première phase du projet du Musée du panthéon national haïtien », a déclaré la directrice générale du MUPANAH, Michèle Frisch. Debout derrière un pupitre élevé sur un amphithéâtre, elle regarde fièrement les unités architecturales se cristalliser en réalité dans la première phase du projet d’extension du MUPANAH. L’une des plus belles unités est un pavillon polyvalent de verre, d’acier et de béton comprenant une boutique d’art et un restaurant. De l’amphithéâtre où elle prend la parole, le public embrasse du regard la construction transparente qui fait corps avec l’aménagement paysager. Des colonnes ramifiées supportent l’édifice ; ces formes métalliques arborescentes, monochromes, d’un blanc laiteux, se répètent dans les jardins. Ils parlent le même langage architectural à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur. Sous une espèce de grande voile amarrée de cordages abritant une partie du public de la pluie, la directrice du musée livre quelques anecdotes liées à ces grands travaux intégrés au plan d’aménagement de l’aire du Champ de Mars. « Je me souviens comme aujourd’hui d’une conversation avec le président de laRépublique sur les différents obstacles qui entravent le plein fonctionnement du MUPANAH. » Un à un ces obstacles s’évanouissent pour que le Musée du panthéon national soit dédié totalement aux pères fondateurs de la patrie. On trouve restaurant, boutique, infirmerie, espace récréatif, amphithéâtre, aire pour accueillir une exposition permanente de sculptures. Le plus gros des travaux est à venir : la construction du musée dédié intégralement à l’art et un atelier de restauration d’œuvres d’art. Déjà, elle attend les fonds nécessaires à la construction de ce palais des beaux­arts. Avec l’appui du président Martelly, les jardins du musée poussent comme d’autres travaux qui redessinent l’espace du grand champ de récréation et de respiration urbaine à Port­au­Prince. Après le pavillon transparent (salle polyvalente occupant 320 m2) et ses dix mille mètres carrés de jardins et l’amphithéâtre, il reste encore dix mille m2 en friche. Le président Michel Martelly a clamé son admiration pour les jardins du MUPANAH. « Quand je suis descendu de la voiture, j’ai trouvé que c’était tellement beau ! » Il avait pris le temps de regarder le pavillon blanc comme ses meubles assortis au ton monochrome du jardin. « Tout ceci est l’œuvre d’une vision pour une nouvelle Haïti. Sou Mateli a nou fè kèk bèl ti bagay ! », dit­il sur un ton bien à lui qui a fait dérider le public. Enveloppant du regard l’assistance, il affirme que ce qui fait sa fierté, c’est que bien longtemps après son départ, les gens pourront venir dans cet espace de récréation afin de jouir de bons moments. Le président a salué cette œuvre signée Moun Studio, bureau d’architecture que Daniel Élie dirige avec les ingénieurs Philippe Chatelain et Philippe Valès. Ce dernier s’est chargé des gros travaux de construction. Pour la directrice de la Bibliothèque nationale d’Haïti, Emmelie Prophète : « Des lieux publics comme celui­là donnent de la certitude mais aussi font naître des idées. » Elle estime que « si certains projets culturels échouent particulièrement sur le rivage de la non­possibilité, c’est parce qu’il manque d’espace pour les enfanter et les accueillir. » Emmelie regarde l’espace en poète et jubile : « Il est beau, ce lieu. Il est encore plus beau parce qu’il appartient à nous tous et qu’il peut nous inspirer pour en fabriquer d’autres. Ainsi, aller loin dans le partage du meilleur de nous­mêmes. Qui sait ? Les voies de la beauté peuvent être impénétrables. » Après les discours officiels de l’inauguration des jardins, on s’abandonne, dans la douceur de la nuit, sur les fauteuils blancs capitonnés de cuir pour goûter la musique, discuter à voix basse et savourer des amuse­gueules venant du restaurant du MUPANAH.

Le Nouvelliste

También podría gustarte