Un grupo de intelectuales para discutir la Memoria del Caribe

Une brochette d’intellectuels pour évoquer la mémoire caribéenne

Laënnec Hurbon, Thierry L’Etang, Lyonel Trouillot, Earl Lovelace

La Bibliothèque nationale, depuis ce mardi, est la scène d’un tout nouveau spectacle titré « La Caraïbe, une mémoire collective ». Un symposium dont les acteurs ne sont autres que des intellectuels et grandes figures de la recherche de la région caribéenne. Les interventions, les débats et les partages d’idées continueront ce mercredi 26 août pour enrichir un public plus qu’enthousiaste, car c’est aussi ça Carifesta XII.

La Bibliothèque nationale n’est plus cette institution moribonde qu’elle a été pendant longtemps. Ce symposium réunissant des stars de la littérature, des sciences humaines et du langage ne fait que le confirmer. Mardi matin, Emmelie Prophète Milcé, sa directrice, a ouvert grandes ses portes pour accueillir Pierre­Michel Chéry (linguiste/Haïti), Lyonel Trouillot (écrivain/Haïti), Earl Lovelace (président de l’Association des écrivains de la Caraïbe/Trinidad­et­Tobago) pour des échanges sur la Caraïbe en tant que mémoire collective. Une foule très curieuse avait fait le déplacement en grand nombre. Le panel pour la première partie de la première journée du symposium: Pierre­Michel Chéry, Emmelie Prophète, Lyonel Trouillot, Earl Lovelace Bibliothèque nationale 1 / 2 1 2 28/8/2015 Une brochette d’intellectuels pour évoquer la mémoire caribéenne

http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/149084/Une­brochette­dintellectuels­pour­evoquer­la­memoire­caribeenne 3/12 « C’est avec un immense plaisir que nous vous accueillons ce matin à ce symposium organisé dans le cadre de Carifesta XII, a annoncé la directrice générale dans son propos. Durant deux jours, nous aurons avec nous de grandes figures de la recherche dans la Caraïbe. Des keynote speaker qui interviendront sur le thème : La Caraïbe, une mémoire collective. Thierry L’Etang, Laënnec Hurbon seront aux côtés de Lyonel Trouillot, Earl Lovelace et de beaucoup d’autres panelistes tout aussi intéressants que les têtes d’affiche et que vous pourrez découvrir», a­t­elle conclu avant de céder la parole au premier intervenant. Le rôle échoua à l’écrivain Lyonel Trouillot. « Je dois souligner combien dure est ma tâche d’être le premier à prendre la parole. Il est difficile de trouver les mots justes quand un homme du calibre de Earl Lovelace devra me succéder ».

Ce furent là les premières phrases du speech de l’auteur de Thérèse en mille morceaux. Comme il l’écrivait dans son Bloc­notes publié dans l’édition du mardi matin de Le Nouvelliste « Ki Kari ? Ki Festa », Trouillot poursuivra avec « L’avenir de la Caraïbe, stratégies de connexion et de déconnexion ». Selon lui, toute une stratégie est mise en place par les anciens et les nouveaux colonisateurs, avec l’aide des élites des pays de la Caraïbe, pour que cette communauté, bien que diversifiée, ne soit jamais une. « La preuve, aucun livre de Earl Lovelace n’est connu ici en Haïti autant que la poésie de René Philoctète ne se lit pas à Trinidad », a­t­il avancé. Ainsi, il a exhorté les Caribéens à être des trouble­fêtes pour tout exploiter, quel qu’il soit. Le président de l’Association des écrivains de la Caraïbe, Earl Lovelace, ne prend pas le contre­pied du discours de son viceprésident, Lyonel Trouillot. Il croit qu’il faut une rébellion des Caribéens. Contre toute forme d’oppression pour conjurer toute la violence de la colonisation. « Mais il reste encore beaucoup de travail 28/8/2015 Une brochette d’intellectuels pour évoquer la mémoire caribéenne http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/149084/Une­brochette­dintellectuels­pour­evoquer­la­memoire­caribeenne 4/12 à faire. J’ai remarqué dans la programmation des délégations pour Carifesta que seuls Haïti et le Suriname ont évoqué leur afrodescendance. Tous les autres ont occulté cette origine alors même que leurs représentants officiels, pour la plupart, ont le teint foncé. D’où leur vient donc cette couleur, je me le demande ? » Cette évocation de Lovelace a fait sourire l’assistance qui fera pleuvoir des questions sur les panélistes.

Pour lui, Haïti est le triomphe de l’esprit humain, de la liberté. Pierre­Michel Chéry frappera fort en soulevant la question Eske Ayiti se yon sivilizasyon apa ? Il développera son argumentaire autour du fait que la société haïtienne telle que modélisée aujourd’hui trouve ses origines dans deux projets de société datant de l’après­guerre de l’Indépendance : Ceux qui voulaient une société apartheid et ceux qui voulaient une société égalitaire, chaque projet présentant des limites. Il faut signaler que plusieurs personnalités et universitaires avaient fait le déplacement. Parmi eux, Michèle D. Pierre­Louis (Fokal), Laënnec Hurbon, qui ne prenait pas la parole aujourd’hui, Michele G. Frisch (Mupanah). Philippe Dodard (direct. art.) Jessy Menos (tourisme), Michèle B. Géhy (comm.) de l’équipe Carifesta étaient également présents. Le ministre de la Communication, Rotchild Junior François, venu pour l’ouverture de l’événement a reçu, au nom du président Martelly, un cadeau de la délégation trinidadienne qui était là pour supporter M. Lovelace. Des livres ont été aussi offerts à la BNH. Madame Prophète en a profité pour promettre de rendre prochainement disponibles des livres d’auteurs trinidadiens à la bibliothèque qu’elle dirige. Un déjeuner pour les intervenants a clôturé cette première partie du symposium

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